*Chute du Mur de Bertin

Vous avez bien lu :Mur de Bertin. A Chatou. Cela s’est produit courant juillet, pendant vos vacances. Des photos en témoignent.

Entreprise de destruction de patrimoine

sous la pelleteuse des pierres taillées il y a 3 siècles
sous la pelleteuse, ce qu’il reste de pierres taillées et assemblées avec art il y a plus de deux siècles (cliché ADREC)

conduite par un monsieur qui n’habite pas Chatou et se comporte en prédateur d’un patrimoine historique de tous les Français et, en premier lieu, des Catoviens.

Le mur de Bertin est inscrit dans le PLU de Chatou comme un vestige de notre histoire, à protéger comme le Nymphée, l’Eglise Notre Dame  ou la Maison Fournaise. Nous le longeons régulièrement, à pied, à vélo ou en voiture, quand nous empruntons le quai du Nymphée. Et nous n’en connaissions pas encore tous les aspects.

Une portion de mur magnifique

se révèle à nous, le 20 juillet 2015, au moment où elle vient d’être  en grande partie démolie.

grandapp
magnifique portion de mur d’angle, incurvée, en grand appareil, avec fruit (inclinaison) (cliché ADREC)
dans le prolongement apparait une portion tectiligne en moyen appareil avec la même
dans le prolongement apparait une portion rectiligne en moyen appareil, avec la même inclinaison (cliché ADREC)
façade de la maison, maintenant démolie qui s'appuyait sur le mur ancien
ce mur servait d’appui au premier niveau de cette maison bien connue du quai du Nymphée. A gauche, un mur en redan « moderne »dissimulait la portion incurvée du mur ancien révélée par la démolition de la  maison (cliché ADREC)

C’est le mur de Bertin sur toute sa longueur!

extrait du censier du seigneur de Bertin (1780) (archive municipale)
extrait du Censier du seigneur de Bertin (1780) (archives municipales)

L’origine de la portion de mur en grand appareil ne fait aucun doute. Pour la portion en moyen appareil le doute ne subsiste pas longtemps non plus lorsque l’on compare ses caractéristiques avec celles du mur sur le quai à quelques dizaines de mètres.

caractéristiques architecturales du mur de Bertin
sur le mur du quai du Nymphée on remarque une alternance répétée d’ un grand appareillage vertical avec un mur horizontal d’appareil moyen de pierres alternativement rectangulaires ou carrées, comportant de nombreuses encoches pratiquées au burin (cliché ADREC)
c'est une portion de mur de Bertin
sur le mur découvert sur le chantier on constate les mêmes caractéristiques: pierres de grand appareil disposées verticalement (flèches à gauche) jouxtant un mur en moyen appareil, avec des pierres rectangulaires ou carrées piquetées de nombreuses encoches. On notera aussi la même présence d’une rainure de drainage (flèche droite) (cliché ADREC)

C’est donc,  dans sa totalité avant le début de sa démolition, une portion du mur de Bertin d’origine. Le service ABF de Versailles l’a d’ailleurs confirmé. Les constatations rapides de cette identité auraient pu tout aussi bien être faites par le propriétaire des lieux et son architecte qui ont eu tout loisir de visiter les lieux depuis février 2015.

Car ce quidam, ayant obtenu un permis de construire à la condition de respecter le mur de Bertin situé sur le quai, s’est cru autorisé à déployer une pelleteuse pour  mettre à bas un pan de mur ancien sans en référer d’abord aux autorités culturelles qui lui avaient enjoint de les prévenir.. Et sans attendre le jugement du tribunal administratif de Versailles qui avait été saisi par un riverain.

localisation du chantier et de la portion de mur de Bertin massacrée
localisation du chantier et de la portion de mur de Bertin presque entièrement démolie (montage ADREC)

 Comment arrêter le massacre?

Le 20 juillet

alertée par un Catovien, l’ADREC se  rend sur les lieux et  en tant que témoin du massacre décide d’agir au plus vite.

Le 21 juillet

le Conseil de l’ADREC décide de communiquer les photos prises au STAP  (Service territorial de l’architecture et du patrimoine des Yvelines) en l’occurence le service de Madame Barlet , architecte des batiments de France, ABF, à Versailles.

Le 22 juillet

Les photos sont  communiquées au STAP par courriel le 22 juillet. Ce service, qui connait déjà le dossier du permis de construire, prend en compte l’urgence de la situation et la nécessité d’arrêter immédiatement les travaux.

Parallèlement l’ADREC dépose les mêmes documents sur le bureau du maire

Le 23 juillet

l’ADREC est contactée par le secrétariat du maire qui l’informe que le service d’urbanisme s’est rendu sur le chantier ce même jour à 11 h
Dans l’après-midi l’ADREC visite le chantier pour constater qu’un nouveau pan de mur a été démoli.

photo prise le 23 on constate une importante destruction supplémentaire
photo prise le 23 on constate une importante destruction supplémentaire (cliché ADREC))

Le 24 juillet

l’ADREC constate que la démolition du mur s’est encore aggravée et écrit au maire pour s’étonner que la démolition continue malgré la visite du service de l’urbanisme.

photo prise le 24 encore avec une nouvelle destruction du mur destruction
photo prise le 24 encore avec une nouvelle destruction du mur  (cliché ADREC)

L’ADREC constate aussi que les pierres issues des démolitions antérieures ont toutes été évacuées. A u sol à leur place on peut voir les premiers fers destinés au bétonnage des lieux.

 

démolitions successives du mur dont l'ADREC a été témoin
démolitions successives du mur dont l’ADREC a été témoin (clichés et montage ADREC)

le photomontage ci-dessus montre les démolitions dont l’ADREC a été témoin. Malheureusement ce n’est qu’une petite partie du mur qui a été effectivement détruit avant le 20 juillet!

Le 28 juillet

le STAP nous informe qu’il a envoyé un courrier recommandé au maire et qu’une visite du STAP et du SRA (Service régional d’archéologie) est programmée à Chatou le 29 juillet.

Mi-août

le STAP nous informe qu’il y a eu en fait 2 visites de chantier le 29 (et le 30 juillet probablement). L’équipe du service régional d’archéologie y a fait des relevés topographiques et photographiques. Le propriétaire  été autorisé a continuer les seuls travaux de consolidation du terrain (autre défaut du chantier parmi d’autres relevés par l’ADREC: les excavations sauvages qui y ont été pratiquées sans consolidation des parois attenantes des propriétés voisines).

Le 18 août

l’ADREC informe l’ABF ( STAP) que le chantier est toujours en activité  et qu’une déclaration de travaux complémentaire a été déposée le 17 juillet mais affichée seulement le 14 août…

Le 25 août

l’ADREC informe l’ABF que l’autorisation de travaux complémentaire a été accordée le 18 août…

Le 21 août

Le chantier est complètement arrêté par décision du Tribunal administratif de Versailles.

Ordonnance de référé du Tribunal Administratif de Versailles
en date du 21 août
(décision faisant suite suite à un référé suspension fait dans le cadre du recours d’un voisin contre le permis de construire)

La Presse en parle

cliquer l’image….
paru le 12 aoüt:

mobilisés pour sauver un mur exceptionnel courrier des Yvelines du 12 août
article paru dans le Courrier des Yvelines du 12 août

paru le 9 septembre:

mur historique sous haute protection à la une du Courrier des Yvelines
 à la une du Courrier des Yvelines du 9 septembre
la justice au secours d'un mur historique Courrier des Yvelines du 9 septembre
article paru dans le Courrier des Yvelines du 9 septembre